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Quelle est la relation entre l’Ayurvéda et le Yoga ?

De plus en plus populaires en Occident, le yoga et l’Ayurvéda restent encore bien souvent mystérieux à nos yeux.

Sans doute savez-vous que tous deux sont originaires de l’Inde et qu’ils ont pour objectif le bien-être holistique de l’individu. En effet, nous pourrions résumer en disant que le yoga se concentre sur l’harmonisation de l’esprit, du corps et de l’âme, tandis que l’Ayurvéda vise le bien-être physique et mental de la personne par le biais de changements d’alimentation et de style de vie.

L’histoire et les enseignements du yoga et de l’Ayurvéda sont toutefois bien plus riches et profonds. Ils constituent deux branches interdépendantes du même grand arbre de la connaissance védique et ont évolué en parallèle pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui.

Qu’ont-ils en commun ? Qu’est-ce qui les différencie ? Quels sont leurs bienfaits et comment les incorporer dans le cadre nos vies modernes ? C’est ce que nous aborderons dans cet article.

Que sont l’Ayurvéda et le yoga ?

 

Un peu d’histoire… et de terminologie

 

Commençons par nous mettre en situation et plantons le décor, car tout commence là : le Veda.

Veda, en sanskrit, signifie « vision » ou « connaissance ». Il s’agit d’un ensemble de textes qui ont été révélés à des sages indiens, puis transmis oralement au fil de générations de brahmanes jusqu’à nos jours. Le doute plane encore quant à l’origine exacte de ces textes mais il semblerait que ceux-ci soient vieux de 3000 à 5000 ans.

La connaissance védique, composée de mantras (des syllabes et des phrases sacrées), traite du fonctionnement de l’être humain, de celui de l’Univers tout entier, ainsi que de notre propre conscience. Le Veda invite l’individu à atteindre la réalisation de soi et à se libérer du cycle de la naissance et de la mort. Y sont abordés non seulement les disciplines spirituelles, mais aussi la guérison, la science, l’art et la culture. Au sein de cette connaissance védique, yoga et Ayurvéda ont chacun leur place et leur fonction spécifique, mais se chevauchent parfois.

Ayurveda est lui aussi un terme sanskrit, composé des mots veda et ayur, « la vie ». Il peut être traduit par la connaissance de la vie ou la science de la vie.

L’Ayurvéda est l’un des quatre Upavedas, ou enseignements védiques secondaires, tout comme le Gandharva Veda (la musique), le Sthapatya Veda (science directionnelle) et le Dhanur Veda (les arts martiaux). Ces Upavedas ont pour vocation d’accompagner l’individu dans sa quête d’intégrité et de libération. L’Ayurvéda est considéré par certains comme le plus important d’entre eux car il englobe tous les aspects de guérison et de bien-être du corps ainsi que de l’esprit.

Concrètement, l’Ayurvéda est donc une médecine traditionnelle holistique visant au maintien de la santé, à la guérison des maladies et à la réalisation de soi par le biais de l’alimentation et de rituels d’hygiène de vie. Pour en savoir plus sur les origines et les textes de l’Ayurvéda, consultez notre article à ce propos.

Le mot yoga, lui, signifie « union » et correspond pour sa part à une pratique spirituelle, appelée Sadhana, l’un des six systèmes de philosophie védique, que l’on nomme Shad Darshanas. Les cinq autres sont Nyaya (la logique), Vaisheshika (la catégorisation), Samkhya (l’énumération des principes cosmiques), Purva Mimamsa (le rituel) et Uttara Mimamsa (la métaphysique). Dans une certaine mesure, le yoga imprègne tous ces différents systèmes car il indique comment développer l’esprit méditatif qui, lui, est à la base de toute connaissance védique. Autrement dit, toute Sadhana ou pratique spirituelle védique implique une certaine forme de pratique du yoga.

Le yoga vise à soulager la souffrance spirituelle, qu’il définit selon les kleshas, ou afflictions spirituelles, à partir de l’ignorance (avidyà) de notre vraie nature en tant que pure conscience, nous conduisant, à tort, à nous identifier à nos corps et esprits transitoires.

 

Les grands principes

 

Les grands principes de l’Ayurvéda

 

La médecine ayurvédique est une médecine holistique : elle considère l’individu dans sa globalité et a pour but d’équilibrer non seulement son corps, mais aussi son esprit.

L’Ayurvéda considère que l’être humain est une réplique en miniature de l’Univers. Tous deux sont constitués des mêmes éléments : l’eau, la terre, le feu, l’air et l’éther (ou espace). Ceux-ci sont présents partout, autour de nous et en nous : l’eau se présente sous forme de liquides (notre sang, notre lymphe) ; la terre correspond à notre structure et à ce qui nous apporte de la stabilité (notre squelette, nos cellules, nos tissus) ; le feu est celui de la digestion (appelé agni, un élément clé en Ayurvéda), qui est capable de transformer nos aliments en muscles, graisse et énergie ; l’air se retrouve sous forme de gaz ainsi que dans notre respiration ; et enfin, l’éther est l’espace qui se trouve entre nos os et nos tissus.

Chacun de ces éléments est doté d’attributs (ou guvardi gunas) qui, en Ayurvéda, sont au nombre de 20 (léger/lourd, chaud/froid, sec/humide, etc.).

Sur base de la combinaison de deux éléments et de leurs attributs respectifs, l’Ayurvéda définit trois typologies distinctes, les doshas :

– Le dosha Vata correspond aux éléments air et éther et représente tout ce qui est mouvement, comme la respiration. Vata est sec, léger, rapide, froid, rugueux, subtile, mobile et clair ;

– Le dosha Pitta correspond aux éléments feu et eau et représente tout ce qui est transformation, comme la digestion. Pitta est huileux, perçant, chaud, clair, liquide, mobile et léger ;

– Le dosha Kapha correspond aux éléments eau et terre et représente tout ce qui est stable et structurant, comme les os, les muscles et les tissus. Kapha est lent, lourd, froid, dense, mou et stable.

Pour en savoir plus sur les éléments et les doshas en Ayurvéda, cliquez ici.

 

Pour établir un diagnostic, l’Ayurvéda se base sur l’observation de ces éléments et de ces attributs. Cette observation permet de décrire la constitution de naissance (prakruti) d’une personne et d’évaluer si sa situation actuelle (on l’appelle alors vikruti) est déséquilibrée, donnant lieu dans ce cas à l’apparition de symptômes pathologiques.

Selon l’Ayurvéda, ce déséquilibre peut provenir de l’environnement de la personne, de ses habitudes de vie, son alimentation, son travail, son état d’esprit, voire même la saison de l’année. Puisque l’Ayurvéda se base aussi sur les lois de la nature et conçoit l’être humain et l’Univers comme un tout, tout ce qui se trouve autour de nous peut influencer les doshas présents dans notre corps et les déséquilibrer.

L’Ayurvéda part du principe que ce qui est semblable renforce le semblable et que les opposés s’équilibrent : on utilisera par exemple des matières huileuses pour nourrir une peau sèche et hydrater l’organisme, ou l’on aura recours à des herbes aux vertus rafraîchissantes pour équilibrer un excès de chaleur et pour apaiser une inflammation.

 

Les grands principes du yoga

 

En Occident, le yoga est généralement perçu comme un exercice physique limité à la pratique de postures et de méditation. Toutefois, le yoga est bien plus vaste – et plus profond – que cela. Tel qu’il est défini par ses origines et par sa place dans la connaissance védique, le yoga relève davantage de la pratique spirituelle.

 

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Les enseignements du yoga ont été codifiés ultérieurement dans ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Yoga Sutras, une œuvre rédigée (ou compilée) par le sage indien Patañjali entre l’an 200 av. J.-C. et l’an 500 de notre ère. Ces Yoga Sutras sont considérés comme les textes fondateurs du yoga moderne. L’auteur y définit les 8 branches (ou « membres », ou encore « voies ») du yoga :

 

  • Yama : la morale universelle, les principes de vie en société ;
  • Niyama : les lignes de conduite personnelles ;
  • Asanas : la pratique des postures de yoga, visant à atteindre un maintien et une posture corporelle stables, qui à leur tour facilitent la pratique du pranayama et la méditation ;
  • Pranayama : le contrôle du prana (énergie vitale, concept aussi présent en Ayurvéda) par les exercices de respiration ;
  • Pratyahara : le contrôle des sens, pour ramener notre attention vers l’intérieur ;
  • Dharana : la concentration ;
  • Dhyana : la méditation ;
  • Samadhi : l’éveil.

 

C’est donc au sein des yama et niyama que nous trouvons les valeurs et les grands principes à suivre selon le yoga. Leur but n’est pas de restreindre l’individu mais au contraire de le libérer. Ils l’invitent à utiliser son énergie de manière appropriée dans la relation avec lui-même et avec les autres.

 

Les 5 Yamas :

  1. Ahimsa : la non-violence, en pensée et en action. Il convient d’adopter un comportement respectueux envers tout ce qui vit et de faire preuve de compassion envers soi-même ainsi que tous les êtres vivants.
  2. Satya : l’authenticité, la sincérité, l’honnêteté (y compris envers ses propres faiblesses). Vivre dans la franchise des pensées, des paroles et des actes.
  3. Asteya: l’absence d’avarice. Ne pas envier ce que possède les autres, sur le plan matériel comme sur le plan immatériel.
  4. Brahmacharya : la modération. Réduire les pulsions excessives et utiliser son énergie avec sagesse (plus on est modéré, plus on maintient son niveau d’énergie).
  5. Aparigraha : la non-possessivité. Neutraliser le désir d’accumuler des richesses, cultiver la simplicité, réduire ses besoins et ses envies.

 

Les 5 niyamas :

  1. Sauca : la pureté. Nettoyer son corps et son esprit. Avoir des pensées pures et agir avec compassion.
  2. Santosa: le contentement, la gratitude. Apprécier ce qui est déjà là. Cultiver la capacité de connaître la douleur et le plaisir avec équanimité.
  3. Tapas: la discipline (dans l’utilisation de son énergie). Se concentrer sur l’essentiel.
  4. Svadhyaya: l’étude de soi. Se remettre en question et développer sa spiritualité.
  5. Isvarapranidhana: la célébration du spirituel. Reconnaître qu’il y a plus grand que soi et exprimer ce qu’il y a de divin en soi.

En quoi l’Ayurvéda et le yoga sont-ils semblables ? En quoi sont-ils différents ?

 

Qu’est-ce que l’Ayurvéda et le yoga ont en commun ?

 

Outre (et de par) leur origine védique commune, l’Ayurvéda et le yoga partagent de nombreux principes et concepts. Les plus importants sont les suivants :

 

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Une approche holistique de l’individu et de son bien-être : tant pour l’Ayurvéda que pour le yoga, le parcours de vie d’un individu implique à la fois son propre corps, son esprit, ses émotions, son environnement et son entourage. Tout est lié, tout n’est qu’un.

 

Prana : l’énergie vitale est au cœur de ces deux systèmes de connaissances. L’Ayurvéda vise à ce que celle-ci soit fluide (notamment par une bonne circulation du sang) et à stimuler la vitalité au sein de l’organisme par le biais d’une alimentation fraîche et de saison. D’autre part, les techniques de respiration reprises dans le pranayama constituent à elles seules l’une des huit branches essentielles du yoga. Dans son approche thérapeutique, l’Ayurvéda inclut et recommande par ailleurs la pratique du yoga (asanas ou postures, pranayama et méditation).

 

L’importance de l’ahimsa (non-violence) et de la conscience : valeur essentielle aux deux sciences, la non-violence dicte aussi bien les préceptes spirituels yogiques que les recommandations alimentaires de l’Ayurvéda. Au sens strict du terme, ni le régime yogique, ni le régime ayurvédique ne sont végétariens : leur philosophie promeut toutefois un régime visant le développement de l’esprit, l’équilibre et le bien-être dans le but de développer sa croissance spirituelle et d’atteindre la pleine conscience. Pour cela, l’Ayurvéda recommande un régime où les fruits, les légumes et les céréales prédominent et la consommation de viande rouge est réduite. Il est dit par ailleurs que pratiquer le yoga sans conscience mène à se blesser. Le faire en toute conscience invite par contre l’individu à s’observer soi-même, à apprendre à mesurer ses forces, à reconnaître ses faiblesses et à trouver un équilibre dans toutes ses actions et pratiques.

 

L’évolution de chaque individu est unique : il y a autant de parcours que de personnes différentes. En Ayurvéda, on considère que le chemin de santé, les besoins, les ressources et l’environnement de chaque personne est unique. Tout diagnostic prend systématiquement tous ces facteurs en compte. En yoga également, il s’agira pour chaque pratiquant de prendre en considération sa propre constitution, ses limitations, son âge, la saison de l’année et les heures de la journée durant laquelle il ou elle pratique. Enfin, l’Ayurvéda, comme le yoga, nous invite à être nos propres médecins et professeurs, et à remettre tout en question. Il est communément admis que sans expérience il n’y a pas de véritable apprentissage ni d’évolution. Comme l’a dit le maître B.K.S. Iyengar, une référence dans le monde du yoga :

« Je vous exhorte à vous plonger non seulement dans mes paroles, mais aussi dans celles des autres ; tant que vous ne les avez pas assimilées, ne formulez aucune opinion. Ce n’est qu’alors que vous jouirez d’un bonheur véritable, pur et immaculé. L’expérience est réelle ; les mots ne le sont pas. Les mots seront toujours ceux de quelqu’un d’autre, tandis que l’expérience sera la vôtre. Soumettez tout ce que vous apprenez au jugement de votre propre expérience ».

En quoi le yoga et l’Ayurvéda diffèrent-ils ?

 

Dans le schéma védique classique, l’Ayurvéda est le seul système védique développé spécifiquement à des fins de guérison. Le yoga quant à lui, nous l’avons vu, constitue une pratique spirituelle.

Le terme sanskrit pour désigner le « traitement », ou la « thérapie », est chikitsa. Les manuels ayurvédiques tirés des textes anciens comme Caraka, Sushruta et Vagbhatta contiennent tous des sections appelées chikitsa sthana, ou « section relative au traitement » ainsi que des sections complémentaires comme nidana sthana, « section relative au diagnostic », et sharira sthana, « section relative à l’âme incarnée », qui traite de l’anatomie et de la physiologie du corps physique.

L’Ayurvéda aborde tous les aspects de la médecine, y compris l’alimentation, les plantes médicinales, la chirurgie, le travail corporel et établit ses propres procédures cliniques, comme le panchakarma (un traitement de détoxification et de réjuvénation en 5 étapes spécifique à l’Ayurvéda). Il comprend également des rituels, des mantras et des méditations qui visent à guérir l’esprit. Il donne aussi des recommandations quant au mode de vie à adopter pour être en bonne santé, stimuler la longévité et éviter les maladies.

Les contenus des textes de yoga, quant à eux, sont repris dans des sections telles que Samadhi Pada, « section relative au Samadhi ou à la méditation profonde », Sadhana Pada, « section relative à la pratique spirituelle », Vibhuti Pada, « section relative aux pouvoirs yogiques », et Kaivalya Pada, « section relative à la libération ». L’exploration yogique de la conscience, les énergies subtiles du prana et de l’esprit, et divers types de pratiques spirituelles sont tous interconnectés. Les textes yogiques relatent des discussions sur la méditation, la concentration, les mantras, les rituels, le pranayama, les asanas mais tout cela dans le cadre de la pratique spirituelle, pas en tant que thérapie.

Le terme chikitsa n’apparaît pas non plus dans les Yoga Sutras de Patañjali et ne constitue en aucun cas un sujet de préoccupation dans la philosophie du yoga. Celui-ci se concentre sur la quête spirituelle : il s’agit ici aussi de discussions sur le prana, les sens, l’esprit, les nadis et les chakras, le culte des divinités, la discussion du Soi intérieur et de la nature de la conscience, ainsi que les types de samadhi, ou absorption intérieure. On n’y parle ni de maladie, de pathologie, de diagnostic ou de stratégies de traitement en dehors de l’approche de l’Ayurvéda. La maladie est certes abordée brièvement dans certains textes de yoga car elle est considérée comme l’un des principaux obstacles à la pratique du yoga. Mais même lorsque cela se produit, c’est le langage de l’Ayurvéda qui est généralement utilisé.

Contrairement à l’Ayurvéda, le yoga n’est donc, ni à l’origine, ni intrinsèquement, un système médical.

Quels sont les bienfaits de l’Ayurvéda et du yoga sur la santé ?

 

Ils sont nombreux ! Nous tâcherons de résumer ici les effets bénéfiques de l’Ayurvéda et de la pratique du yoga sur la santé, indépendamment l’un de l’autre et lorsqu’ils sont mis en application simultanément – ces bienfaits se retrouvant alors multipliés.

 

Les bienfaits de l’Ayurvéda

 

L’Ayurvéda peut être considéré comme un allié de choix à la médecine conventionnelle telle que nous la connaissons en Occident car il offre des outils de prévention des maladies et répond de manière naturelle à des problématiques de plus en plus courantes dans nos sociétés : stress, troubles digestifs, insomnies ou inflammations, etc. Il vise davantage à identifier l’origine des symptômes plutôt qu’à simplement les soulager ou les faire disparaître.

De manière générale, l’approche de l’Ayurvéda amène chaque individu à mieux comprendre le fonctionnement de son propre corps et l’influence qu’ont sur lui son environnement, son alimentation, son hygiène de vie, ainsi que le cycle des saisons, lui permettant ainsi de devenir acteur et responsable de sa propre santé.

 

digestion-agniPlus spécifiquement, l’Ayurvéda maintient le système digestif en bonne santé en assurant une bonne élimination des toxines et des déchets en dehors du corps. En Ayurvéda, une bonne digestion est la clé d’une bonne santé : il est essentiel d’équilibrer son feu digestif afin que les aliments soient correctement assimilés et transformés en nutriments pour notre corps. On observe avant tout l’état du feu digestif, appelé agni. Si celui-ci est trop faible, le bol alimentaire stagne dans l’estomac, ce qui entraîne fatigue, accumulation de toxines dans le corps et mauvaise élimination des déchets. Un feu digestif trop fort, par contre, provoquera un trop grand appétit et une digestion acide qui, à son tour, entraînera par exemple des brûlures d’estomac, des remontées gastriques, voire des inflammations. Enfin, si le feu digestif est irrégulier, la digestion se fait difficilement, pouvant entraîner des troubles tels que des ballonnements, des gaz et de la constipation.

De plus, l’Ayurvéda assure une bonne circulation de l’énergie et du sang dans notre organisme. Un bon flux corporel est propice et essentiel à la circulation de notre énergie vitale (prana) et est essentiel en Ayurvéda. Pour favoriser la vitalité et augmenter le prana, il promeut une alimentation fraîche, locale, biologique et de saison et fait appel à des éléments naturels comme l’eau, le soleil et l’air.

L’Ayurvéda nous apprend à la fois à prendre soin de notre corps en lui apportant de l’énergie et de la force, et à équilibrer notre esprit en l’apaisant et en le stabilisant – notamment par la pratique de la méditation. En nous faisant prendre conscience des liens étroits qui unissent le corps et l’esprit, l’Ayurvéda permet de diminuer le stress.

Enfin, la vocation préventive de l’Ayurvéda stimule le système immunitaire, ainsi que nos défenses naturelles, grâce à des rituels d’hygiène de vie qui permettent ancrage, stabilité, repos et détente, ce qui nous amène naturellement à adopter un rythme de vie plus serein et un quotidien plus équilibré.

Les bienfaits du yoga

 

De nombreuses variantes et différentes disciplines de yoga sont désormais accessibles et de plus en plus populaires partout en Occident, et notamment en France. Certaines se veulent plus douces, lentes ou statiques (comme le yoga nidra ou le yoga Iyengar), d’autres plus intenses et dynamiques (telles que le yoga vinyasa). Néanmoins, toutes ces variantes ont en commun la pratique de postures, la conscience de soi, et la présence « ici et maintenant ».

 

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Le yoga augmente à la fois la souplesse et la force physique : quel que soit votre niveau – contrairement à ce que de nombreuses personnes pensent, il n’est pas nécessaire d’être déjà souple pour commencer – une pratique régulière du yoga nous permet de nous assouplir, progressivement et à notre propre rythme. D’autre part, effectuer et maintenir les différentes postures renforce les différentes chaînes musculaires de notre corps, tant aux niveaux des membres (bras et jambes) que de la ceinture abdominale.

Il améliore également la posture corporelle : conséquence directe du point précédent, le renforcement de notre ceinture abdominale et de notre dos, ainsi que les étirements appropriés permettent à notre colonne vertébrale d’adopter naturellement une posture plus équilibrée et nous nous tenons donc plus droit. De même, en développant une meilleure conscience de notre corps, nous devenons plus attentifs à notre maintien et pouvons éviter d’éventuelles douleurs cervicales ou au niveau des lombaires, si fréquentes de nos jours parmi ceux qui travaillent de longues heures en position assise au bureau.

Le yoga apaise la respiration et diminue lui aussi le niveau de stress : tout comme pour l’Ayurvéda, la respiration est au cœur de la pratique du yoga. On y apprend tout d’abord à en prendre conscience, à l’observer, puis à la travailler et à l’entraîner par le biais de techniques respiratoires spécifiques (pranayama). Puisqu’il est concentré exclusivement sur la respiration, l’esprit se calme automatiquement. Une pratique régulière permet de revenir à cette conscience plus facilement, à tout moment de la journée, et par là-même, de réduire le niveau de stress au quotidien.

Pratiquer le yoga est bon pour le cœur : il est reconnu depuis longtemps pour sa capacité à baisser la tension artérielle et à ralentir le rythme cardiaque. Un rythme cardiaque plus lent peut être bénéfique pour les personnes souffrant d’hypertension ou de maladies cardiaques, ainsi que pour les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral. Dans certains cas, le yoga a également été associé à une baisse des taux de cholestérol et de triglycérides et à un meilleur fonctionnement du système immunitaire.

Les bienfaits combinés de l’Ayurvéda et du yoga

 

Le saviez-vous ? Allier l’Ayurvéda et le yoga décuple les bienfaits de chacun.

 

Les bienfaits du yoga sur l’Ayurvéda

 

Incorporer le yoga dans le cadre de l’Ayurvéda ajoute une dimension spirituelle et psychologique à celui-ci et augmente ses effets. En cultivant la conscience de soi, l’individu est plus à même d’identifier ses propres déséquilibres : la pratique du yoga constitue donc un levier idéal dans la quête d’un nouvel équilibre.

Le pranayama est surnommé par certains comme la « médecine interne » du yoga. Ces techniques respiratoires yogiques augmentent le prana, l’énergie vitale, dans le corps. Le pranayama a un impact direct sur les doshas ou les humeurs biologiques de l’Ayurvéda (Vata, Pitta et Kapha). L’impact du pranayama est important sur l’ensemble des conditions physiologiques et psychologiques, et on y a tout particulièrement recours dans le cas d’affections du système respiratoire et du système circulatoire. Par ailleurs, le pranayama renforce l’action des herbes visant à réguler la circulation d’énergie au sein de l’organisme.

Les pratiques dites « internes » du yoga (dharana, dhyana et samadhi), sont également recommandées en Ayurvéda dans les cas de troubles psychologiques. On considère que ces niveaux plus « élevés » du yoga aident l’individu à adopter une attitude et un état d’esprit idéaux pour que l’amélioration de son état ait lieu à tous les niveaux.

 

Les bienfaits de l’Ayurvéda sur le yoga



L’Ayurvéda offre aux pratiquants de yoga non seulement des conseils alimentaires (à base de plantes et en accord avec l’approche spirituelle du yoga) et de style de vie, mais il leur permet également de concevoir leur propre pratique sous une nouvelle lumière.

En effet, l’Ayurvéda révèle quels sont les asanas (postures) et formes de pranayama (techniques de respiration) les plus appropriés pour chaque individu en fonction de sa constitution ayurvédique.

La pratique des asanas devient dès lors d’autant plus efficace et plus proche de sa vocation originale, puisqu’elle ne se limite plus seulement à un exercice physique – comme nous avons tendance à le concevoir en Occident – et qu’elle incorpore dès lors la purification des toxines aux niveaux physique et mental, ainsi que la régulation du flux du prana, l’énergie vitale. Intégrer l’Ayurvéda dans sa pratique du yoga permet alors de déployer son plein potentiel.

 

Allier Ayurvéda et yoga : comment maximiser le potentiel de notre pratique ?

 

Les asanas réveillent la sagesse naturelle du corps, agissent sur les glandes et, de cette façon, sur le psychisme. Leur pratique fait circuler les énergies des éléments, en l’occurrence du feu, de l’air et de l’éther afin d’équilibrer les énergies de la terre et de l’eau. C’est pourquoi il est intéressant d’adapter sa pratique en fonction non seulement de son (ou ses) dosha(s) mais aussi des saisons car elles aussi ont un impact sur notre équilibre et nous affectent tous.

 

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  • Quelles sont les postures de yoga qui équilibrent le dosha Pitta ?
    Un excès de Pitta (composé des éléments air et feu) peut provoquer une surchauffe de l’organisme et un tempérament coléreux, tout particulièrement en été. Il s’agit alors d’effectuer des postures de yoga permettant au corps de s’aligner correctement afin qu’il puisse évacuer ces énergies de feu et s’apaiser. Les postures douces et calmes sont particulièrement indiquées, ainsi que celles permettant d’étirer les organes Pitta, en particulier l’estomac et le foie. Il convient d’éviter les postures debout qui réchauffent et de favoriser les flexions en avant. Les postures idéales pour équilibrer le dosha Pitta sont donc : la posture de l’étirement intense ou de la cigogne (Uttanasana), la posture du lacet (variante de Gomukhasana), la posture du demi-papillon (variante de Badha Konasana), la posture du sphinx (Ardha Bhujangasana) ou encore l’enchaînement des salutations à la Lune (Chandra Namaskar). Il est conseillé de les pratiquer le matin et de maintenir le corps bien hydraté. Consultez notre article sur le dosha Pitta pour découvrir d’autres conseils.

 

  • Quelles sont les postures de yoga qui équilibrent le dosha Vata ?
    Le vent et le froid de l’automne tendent à provoquer un excès du dosha Vata (combinaison des éléments air et éther), qui se reflète en nous par un état mouvementé et agité. Pour nous rééquilibrer, nous avons alors besoin de postures qui nous aident à nous ancrer et qui régulent notre système nerveux, comme les postures assises, couchées, inversées et les flexions en arrière. Par exemple : la posture de la chaise yogique (Utkatasana), la posture du guerrier (Virabhadrasana II), la posture de la déesse (Deviasana), la posture du triangle étendu (Utthita Trikonasana), la posture du papillon (Badha Konasana), la posture de l’Ouest ou de l’étirement du dos (Paschimuttanasana), la posture de la charrue (Halasana) et la torsion allongée (Jathara Parivartanasana). Celles-ci peuvent être pratiquées aussi bien le matin que le soir. Pour en savoir plus sur le dosha Vata, lisez notre article.

 

  • Quelles sont les postures de yoga qui équilibrent le dosha Kapha ?

Tout le monde a tendance à voir son dosha Kapha (combinaison des éléments terre et eau) se déséquilibrer lorsque l’hiver arrive. Le froid, la pluie et la neige nous poussent à une sorte de léthargie : l’excès de Kapha alourdit notre corps et le fait fonctionner au ralenti. Il convient alors de pratiquer des postures qui nous réchauffent le corps et dynamisent notre esprit. Pour cela, rien de tel que les salutations au soleil (Surya Namaskar), les postures du guerrier (Virabhadrasana), du pont (Setu Banda Sarvangasana), la posture de la planche ou « du bâton à 4 pieds » (Chaturanga Dandasana), du bateau (Paripurna Navasana), ainsi que l‘équilibre sur la tête (Sirsasana). Ces postures peuvent être pratiquées le matin ou le soir (dans ce cas, soit à jeun, soit une fois la digestion terminée). Vous trouverez d’autres conseils dans notre article sur le dosha Kapha.

Comment intégrer l’Ayurvéda et le yoga dans notre quotidien ?

 

Tout ce que vous avez lu jusqu’ici vous intéresse et vous vous dites peut-être : « D’accord, mais concrètement, je fais comment ? ». En effet, nous aspirons toutes et tous à un mieux-être, à vivre de façon plus sereine… Pourtant, vu le rythme frénétique de nos vies, le chemin vers l’équilibre corps-esprit peut sembler ardu.

Selon les principes de l’Ayurvéda, l’acquisition de routines saines est un élément-clé. La Dinacharya correspond à l’ensemble des rituels et pratiques qui, répétés quotidiennement, apportent bien-être et santé car ils favorisent un équilibre propice à la prévention des maladies.

Si jusqu’ici vous ne vous étiez jamais intéressé à l’Ayurvéda en profondeur ou si vous n’avez jamais mis les pieds sur un tapis de yoga, n’ayez crainte : il n’est pas trop tard. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de pratiques simples que vous pouvez incorporer dès aujourd’hui dans votre quotidien, et faire l’expérience par vous-même de leurs bienfaits. Si vous souhaitez en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter notre article sur les rituels ayurvédiques à effectuer en journée.

 

Routine quotidienne en 6 étapes

 

Même si cela n’est pas indispensable aux pratiques que nous décrivons plus bas, nous vous recommandons d’identifier quelle est votre constitution et de connaître votre – ou vos – dosha(s). Vous verrez qu’il existe pour cela de nombreux formulaires en ligne. Néanmoins, il faut veiller à y répondre correctement car, faute de cela (notamment si vous prenez en compte votre état actuel plutôt que vos habitudes ou votre comportement tout au long de votre vie), au lieu de détecter votre condition de naissance, vous risquez de voir apparaître votre potentiel déséquilibre. Nous vous conseillons donc de consulter un professionnel ayurvédique afin d’identifier correctement votre ou vos doshas.

Par ailleurs, cette proposition se veut préventive et a pour but de veiller au maintien de la bonne santé. Assurez-vous auprès de votre médecin ou praticien de santé qu’elle ne comporte pas de contre-indication à votre condition.

 

Les principes

Cette routine part tout d’abord du principe, essentiel en Ayurvéda, que nous nous équilibrons à travers nos cinq sens et qu’il est essentiel d’en prendre soin afin d’être – et de rester – en bonne santé. En effet, c’est par l’intermédiaire de ceux-ci que nous parvient l’information de tout ce qui nous entoure : il est dès lors crucial de s’assurer que nous la percevons de façon saine. Selon l’Ayurvéda, l’une des causes de la maladie réside dans la mauvaise utilisation de nos sens.

L’Ayurvéda souligne aussi l’importance de vivre dans le moment présent, raison pour laquelle les routines incluent un moment dédié à la méditation et/ou au yoga.

 

Les 6 étapes

Nous avons sélectionné ici 6 étapes parmi une liste plus longue. Vous pouvez retrouver le détails de tous ces rituels matinaux dans cet article : « Quels sont les rituels ayurvédiques du matin »

 

  • Réveillez-vous avant le lever du soleil.
    Cela aura un impact direct sur votre niveau d’énergie tout au long de la journée.

 

  • Éliminez les toxines. Nettoyez-vous la langue. Idéalement, utilisez un gratte-langue en cuivre à cet effet, que vous passerez entre 5 et 10 fois sur la langue. Outre une amélioration de l’haleine et de la digestion, cela permet de se débarrasser de la couche blanchâtre formée par les toxines qui s’y accumulent durant la nuit. Vous éviterez ainsi que ces toxines passent dans le système digestif (selon l’Ayurvéda, les maladies se manifestent à travers celui-ci). Le massage de la langue active par ailleurs l’intestin : prenez l’habitude de vous asseoir aux toilettes quelques minutes afin d’éliminer les selles dès le matin (même si vous n’en ressentez pas le besoin). Petit à petit, cela créera un automatisme au sein de votre organisme. Par la suite, activez votre système digestif en buvant un verre d’eau tiède (auquel vous aurez éventuellement ajouté quelques gouttes de citron selon votre dosha et vos déséquilibres).

 

  • Prenez un moment pour méditer et/ou faire du yoga. Pour commencer, 10 ou 20 minutes suffisent et, avec la pratique, vous apporteront calme et sérénité pour la journée.

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  • Lavez-vous le nez avec de l’eau et du sel marin (jala neti).
    Il existe de petits récipients prévus pour cela (appelés neti pot), que vous remplirez avec l’équivalent d’une tasse d’eau tiède et d’un peu de sel non iodé et que vous verserez dans chaque narine. Maintenez la bouche ouverte pour respirer, le temps de faire couler l’eau, puis mouchez-vous. Répéter ce geste de l’autre côté. En cas de congestion nasale ou en période à risque (saison des rhumes), il convient de se laver le nez de cette façon tous les jours. Autrement, vous pouvez vous contentez de deux à trois fois par semaine.

 

  • Lavez-vous les yeux avec de l’eau de rose.
    Choisissez-en une sans alcool, bien entendu, et la plus pure possible. À nouveau, il existe de petits récipients à cet effet mais vous pouvez parfaitement vous servir d’un tout petit verre. Remplissez-le d’un fond d’eau de rose, placez-le sur l’un de vos yeux et mettez votre tête en arrière en gardant la paupière ouverte afin que l’eau de rose baigne votre œil. Faites-le bouger en regardant en haut, en bas et sur les côtés, puis videz le récipient. Versez-y à nouveau un fond d’eau de rose et recommencez l’opération avec l’autre œil. À effectuer tous les jours.

 

  • Massez-vous.
    Le massage, fait par soi-même, est considéré en Ayurvéda comme la routine préventive par excellence car il fortifie à la fois le corps, l’esprit et les émotions. De plus, il active tous les systèmes : circulatoire, hormonal, etc. Choisissez une huile en fonction de votre dosha (amande, noix de coco, sésame…), faites-la tiédir en frottant vos mains l’une contre l’autre ou au bain-marie et massez-vous de la tête aux pieds (dans ce sens, c’est important). Au niveau des articulations, effectuez des mouvements circulaires. Il s’agit d’un geste d’amour envers vous-même, que vous pouvez réaliser tous les jours, idéalement avant de prendre votre douche, afin que la vapeur fasse ensuite pénétrer l’huile (et ses bienfaits) dans votre peau. Pour découvrir toute la technique de l’abyangha, référez-vous à l’article sur les rituels du matin.

 

Conclusion

 

Nés de la même source, intimement liés et pourtant différents dans leurs applications, l’Ayurvéda et le yoga regorgent d’enseignements et de principes voués à nous guider dans notre quête de bien-être.

Malgré leurs différences, tous deux proposent une version holistique de l’individu et, à la fois, le considèrent comme étant tout à fait unique. Ils nous invitent également à adopter une certaine forme de discipline et à vivre de façon plus consciente, envers nous-même et tout ce qui nous entoure.

Comme l’a dit le poète espagnol Machado : « Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ». Si certains concepts, principes ou pratiques vous semblent difficiles à assimiler ou à incorporer dans votre quotidien, sachez que le plus important est de commencer. Par exemple, si vous n’avez pas le temps d’effectuer la routine en 6 étapes que nous vous proposons dans cet article, choisissez celle qui vous semble la plus facile et commencez par celle-là uniquement.

Jour après jour, il est très probable que vous remarquiez des changements positifs et que vous soyez naturellement tentés d’en adopter davantage ou d’approfondir vos connaissances. Le moment venu, faites-vous accompagner par un spécialiste, qui pourra vous guider en fonction de vos besoins et de votre condition spécifique – ici, et maintenant.